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DAUPHINE LIBERE 2002

Un monument signé PACCARD au Mont Valerien.

Signée d’un artiste biarrot, la cloche inaugurée le 20 septembre porte le nom des 1007 fusillés entre 1941 et 1944. La statue de bronze sort des ateliers de la fonderie installée sur les bords du lac d’Annecy.

Voulue par Robert Badinter, commandée sous le gouvernement de Lionel Jospin, livrée en avril 2002, la cloche portant le nom des 1007 fusillés du Mont Valérien a été inaugurée samedi 20 septembre par le Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin.Un cheminement un peu long qu’expliquent les basculements de majorité. Hommage qu’après beaucoup de recherches, les autorités ont fini par établir à 1007 victimes des nazis entre 1941 et 1944. Dont les 21 membres du groupe Manouchian, fusillés le 21 février 1944 et chantés par Aragon dans « L’Affiche Rouge »…
Une fois recensés les noms des victimes de la barbarie nazie en ces lieux, l’édification d’une stèle est donc décidée. Objet à la puissante signification et loin de toute symbolique religieuse, le choix de la cloche est arrêté. C’est un artiste biarrot , Pascal Convert, qui la dessinera en collaboration avec les ateliers de la fonderie Paccard. Installés à Sevrier, les fondeurs ont une réputation internationale et ont déjà travaillé avec l’artiste (ensemble, ils ont créé la cloche du nouveau palais de justice de Bordeaux).
Donneur d’ordre, le ministère des Anciens Combatttants a défini un cahier des charges très précis (même si à l’époque le chiffrage exact des noms des fusillés est estimé à « environ 1015 »). Toutes recherches terminées, il y en aura 1008… Rien de définitif  pourtant. Une fois sa « copie » rendue, Pierre Paccard reçoit une mauvaise nouvelle. Au ministère, on lui apprend que la liste compte un nom de trop… « Il faut tout recommencer , » s’interroge le fondeur. Bonheur extraordinaire et énorme soulagement, c’est le dernier nom de la liste qu’il faut effacer. Le nom qui conclut l’énumération, année par année, n’est pas celui d’un fusillé du Mont Valérien. Fusillé, il l’a hélas bien été, mais ailleurs, à Ballard…
« C’était quatre mois de travail qui partaient en poussière (de bronze)… Là, on a pu corriger l’erreur des historiens sans difficulté ». Les dimensions de la cloche du Mont Valérien sont basées sur celles de l’historique « Jeanne d’Arc » de 1959 qui a remplacé celle de 1914, détruite par les bombardements en juin 1914 (diamètre : 2,7 m, hauteur : 2,18 m). La cloche du Mont Valérien n’en est d’ailleurs pas une. L’artiste s’est inspiré d’un moule de cloche avec des inscriptions en  relief (caractères de 17 mm) dont le bronze patiné forme un monument posé sur un socle en béton au ras de la pelouse. La semaine dernière, Pierre Paccard l’a passée à Paris aux derniers préparatifs avant l’édification de son oeuvre qu’à Sévrier, les responsables haut-savoyards des associations de déportés, anciens combattants et résistants étaient venus saluer à son départ vers Suresnes.